À propos


Biographie
Née en Turquie, Suzan Öztürk arrive en France à l'âge de cinq ans. C'est à l'hôpital, où elle passe une grande partie de son enfance, qu'elle découvre la langue française et le plaisir des livres.
C'est au collège, encouragée par un professeur d'arts plastiques, que Suzan Öztürk s'ouvre véritablement à l'art.
Depuis, farouchement indépendante, quand elle ne travaille pas seule dans son atelier, elle enchaîne les rencontres et le travail avec des artistes aquarellistes, sculpteurs, dessinateurs à l'instar de Claude Goutin, professeur à l'école des Beaux-arts de Metz. Le travail sur le nu l'interpelle particulièrement.
Tout l'intéresse, la photographie, la graphite, la peinture... Mais c'est le contact direct avec la matière comme prolongement d'elle-même qui l'entraîne à explorer la sculpture. Suzan Öztürk se bat avec la pierre, le bois, la terre, mais aussi le papier sans cesse, transformé, transcendé.
Le corps, lui, est là, toujours présent. Figuré ou non, il transparaît dans le geste même de la jeune artiste, dans chacune de ses réalisations.
"Je me sens libre, connectée à ce qu'il y a de plus enfoui en moi. Tout ce qui donne sens à ce pourquoi nous sommes là, à mon essence même. Comme si l'acte de créer comportait cette globalité. Ce tout contenu dans l'acte même de faire."
Plutôt que d'entrer à l'école des Beaux-arts de Nancy, Suzan Öztürk choisit de tracer sa propre voie à la faculté d'Arts plastiques de Metz, où elle poursuit ses études jusqu'à la Maîtrise. Ce fut pour elle, l'occasion d'une profonde réflexion sur sa démarche d'artiste.
2003, naissance de sa première fille, Persane.
Ne parvenant plus dans cette confrontation très physique avec la matière, à sculpter ou à tailler dans la pierre et le bois, même les travaux sur papier semblaient lui échapper. La représentation de l'humain devenait par trop pesante.
C'est alors que le besoin de travailler un autre médium comme la matière textile s'imposa.
Par sa souplesse et sa malléabilité, il lui ouvrait une voie vers l'abstraction. Se détourner un temps de la figure. Tendre des fils dans l'espace, couper, nouer ou tirer des lanières de tissu comme des lignes. Etirer l'espace-implication du corps, dans une danse poétique et improvisée, sorte de rituel sacrée...
Plus resserré, plus contraint, à peine retenu, le travail à l'encre sur des papiers palimpsestes traverse le corps, cherche à rattraper l'âme, perpétuellement.
2007, naissance de sa seconde fille, Sambre.
Suzan Öztürk poursuit une démarche artistique qu'elle intitule Le Corps gestuel, articulée entre Installations gestuelles et dessins sur papier. Ses oeuvres prolongent le trait et le geste dans l'espace.
Dominique Colson